.fr
.eng
La réalisation de ce corpus est effectuée par déplacement et par appropriation symbolique. Il s'agit de courts inserts vidéo en quatre plans fixe (quatrain vidéo) et de photographies. La scène est composée autour d'une seule personne. Un interprète chante « A Capella » sur le thème mélodique de l'hymne national du pays de sa provenance linguistique. L'idée est de remplacer le texte de la partition originale de l'hymne national du pays choisi par le texte traduit de l'hymne Etats-uniens le; "The Star-Spangled Banner". Le texte est dans la langue originale suivant le choix de l'hymne. Un exemple; un Canado Italien chante la traduction italienne du texte "The Star-Spangled Banner". sur la mélodie de l'hymne de Novaro.
L'objectif est de rendre compte de la sujétion culturelle exercée par les politiques américaines internationales.
L'invention de musiques officielles date du début du XVIIIème siècle. Les ouvrages de ce genre sont baptisés "musiques politiques" et témoignent de l'aspiration à une identité collective tangible. C'est le moment où le monde moderne des nations prend naissance. L'utilisation des choeurs symbolise ainsi le collectif national qui prend corps et se désigne à lui-même. Aujourd'hui, les frontières socio-économiques tombent. Nous vivons une distillation des valeurs nationales. La planification culturelle souvent influencée par des enjeux capitalistes dilue les sentiments d'appartenance à la société civique. Paradoxalement, elle assimile le citoyen aux décisions politiques. Pour marquer la singularité de cette contradiction, je compte cadrer les quatre plans de la scène sur un seul individu à la fois.
Le "God save the King" (Grande Bretagne) et "La Marseillaise" (France) sont les deux modèles les plus importants des hymnes "modernes". Ils savent susciter la singularité des nations et l'universalité du genre humain. L'hymne Italien de Mameli/Novaro et le "Deutschland lied" Allemand sont plus récents. Ils sont cependant les plus habités par la tradition du drame lyrique
occidental de l’opéra . Pour beaucoup, l'opéra classique a été considéré jusqu'à l'avénement du cinéma, le seul "art total" aliant musique, danse, littérature, théatre et arts visuels . Jusqu'au début du vingtième siècle, l'opéra est le catalyseur et le promoteur de l'ensemble des arts occidentaux. Il aurait été fâcheux d'écarter de ma démarche ces deux facteurs importants, l'un politique (Le God… et La Marseillaise) et l'autre d'origine culturelle (l'opéra). Bien sûr, le "O Canada!" nous vient immédiatement à l'esprit dans ce type de travail. Inondé par les "mass média" américains notre différence culturelle même de qualité supérieure, ne peut rivaliser l'envahissante capacité de production de nos voisins. Il sera intéressant de comparer l'accent de la version française du "O Canada !" avec celui de "La Marseillaise".
Je propose de faire 6 courts vidéos et 6 portraits photographiques de formats moyens basés sur les hymnes suivants; le "O Canada!" (traduction en français et en anglais), "La Marseillaise" (France), le "God save the Queen" (Grande-Bretagne), L'hymne de Mameli/Novaro (Italie) et le "Deutschland lied" (Allemagne).
Mon corpus est situé entre l'universel de la politique et le singulier du droit d'expression citoyen. C'est une image qui veut provoquer des interprétations politiques, mais toujours dans l'équivoque. Le devenir esthétique de cet " objet " musical, sans doute unique dans ses appropriations extrêmes, reconnaît à l'art le droit de commenter la politique, il admet volontiers qu’une "poésie" puisse se constituer comme une pensée.