Extrait du catalogue DSM de Folie-Culture:
http://www.folieculture.org/
"Le projet de Barré emprunte ces stratégies, c'est-à-dire qu'il laisse éclater en public ce qui relève de la dynamique de couple. Dans l'autobus, à la sortie d'un restaurant, bref dans des lieux de convivialité obligée, où chacun est mal à l'aise devant l'étalement des problèmes personnels. Cette action interroge donc deux comportements «pathologiques» (?) : la possessivité qui s'exprime par la jalousie et les relations tacites entre exhibitionnistes et voyeurs. Contrairement au théâtre invisible, l'exposition du privé dans des espaces sociaux partagés, ne vient pas susciter un débat sur un problème social, elle vient juste confirmer la fin du privé. Discrétion, retenue, délicatesse, respect de la bulle de l'autre sont autant de notions désuètes à mettre au musée d'un théâtre de l'isolement. Désormais, nous vivons tous ensemble, pour contrer le repli dans l'indifférence, pour abolir la solitude commune. Cette extimité patente efface la ligne floue entre la vie et la manoeuvre. Il y ici une manifestation artistique publique, puisqu'il s'agit d'une invention, d'une fiction émotive, mais jamais revendiquée comme telle. L'intrusion dans la sphère publique est-elle ici l'expression de l'artiste ou la simple revendication de l'artiste d'éprouver un sentiment courant et le manifester publiquement comme tel ? Mais sans jamais dire qu'il s'agit d'un subterfuge ? La question reste en suspens entre art et vie."
Alain Martin Richard