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 La manœuvre se déploie dans le tissu social, elle s’y appuie pour réaliser son projet. Elle se présente comme une tentative de travailler avec un matériau inusité, qui est le citoyen lui-même. La manœuvre se concrétisera par une adéquation de sensibilité entre artistes et citoyens. En ce sens, voici un art qui risque à chaque fois de ne pas exister et surtout de ne pas être vu de manière habituelle. Déjà, par leur dispersion dans la ville, ces interventions ruerales reposent sur une occupation intrusive du paysage humain. Nous avons convié les artistes manœuvriers à travailler au centre-ville. Dans ce confinement géographique quand même assez vaste, vous aurez la chance de croiser l’un ou l’autre des projets en cours de réalisation.

Alain Martin Richard

Christian Barré propose des mises en scène où faux et vrais couples se retrouvent entraînés dans de tumultueuses crises de possessivité féminine. La rue devient la scène d’un cruel manège où vous pourriez être entraînés.

Merci à Véronique Garneau Allard


Extrait du catalogue DSM de Folie-Culture:

http://www.folieculture.org/

"Le projet de Barré emprunte ces stratégies, c'est-à-dire qu'il laisse éclater en public ce qui relève de la dynamique de couple. Dans l'autobus, à la sortie d'un restaurant, bref dans des lieux de convivialité obligée, où chacun est mal à l'aise devant l'étalement des problèmes personnels. Cette action interroge donc deux comportements «pathologiques» (?) : la possessivité qui s'exprime par la jalousie et les relations tacites entre exhibitionnistes et voyeurs. Contrairement au théâtre invisible, l'exposition du privé dans des espaces sociaux partagés, ne vient pas susciter un débat sur un problème social, elle vient juste confirmer la fin du privé. Discrétion, retenue, délicatesse, respect de la bulle de l'autre sont autant de notions désuètes à mettre au musée d'un théâtre de l'isolement. Désormais, nous vivons tous ensemble, pour contrer le repli dans l'indifférence, pour abolir la solitude commune. Cette extimité patente efface la ligne floue entre la vie et la manoeuvre. Il y ici une manifestation artistique publique, puisqu'il s'agit d'une invention, d'une fiction émotive, mais jamais revendiquée comme telle. L'intrusion dans la sphère publique est-elle ici l'expression de l'artiste ou la simple revendication de l'artiste d'éprouver un sentiment courant et le manifester publiquement comme tel ? Mais sans jamais dire qu'il s'agit d'un subterfuge ? La question reste en suspens entre art et vie."

Alain Martin Richard



 


to see - à voir coming soon - bientôt